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des histoires de famille , des rencontres improbables , etc.....

On a tous un roi ou un pendu dans notre généalogie : Pierre BRUYAS

Pierre Bruyas né à Vizille en Isère le 22 mai 1904 aurait pu avoir une vie ordinaire ! Le sort en a décidé autrement..

-Allo.. allo, la gendarmerie de Thonon?

-Allo, la gendarmerie d'Evian ? 

-Allo, la gendarmerie de Chambéry, Annemasse, Bonneville, Saint Junien ?

-Barrez les routes, surveillez les frontières, arrêtez les autos immatriculées 4592 QR 2 et 3457 QR.. cinq détenus se sont évadés le la prison d’Annecy !

Ainsi commence la cavale de Pierre Bruyas avec ses quatre compagnons d'infortune. Tout le pays est en alerte maximum. Bruyas, Dufournay, Blanc, Charvon et Enguerrand sont de curieux diables et de terribles bandits en liberté. De quoi faire passer un frisson de terreur à tous les braves savoyards qui demeurent dans des fermes isolées de la montagne... Quelle leçon que cette quintuple évasion ! Il faut fermer les prisons à double tour, rehausser les murs de ronde, renforcer les barreau et les serrures... 

 

 

C'est par ce mur qu'il se sont échappés.

C'est par ce mur qu'il se sont échappés.

Mais comment Pierre Bruyas en est-il arrivé là ?  Né à Vizille dans l’Isère le 22 mai 1904,  ses parents s'y sont mariés le 27 août 1892. Son père , originaire de la Loire, est ouvrier aux forges de Vizille et sa mère est ouvrière en soie. Il a un frère aîné né en 1896. Celui-ci embrassera le métier de cuisinier.  Il fait la guerre de 14/18, puisque de la classe 1916 puis monte à Paris où il se marie en 1921. 

La fiche militaire de Pierre n'est pas en ligne. Je l'ai demandée aux archives...

Pierre est menuisier et se marie à Coupy dans l'Ain, le  9 avril 1927 avec Marie Jeanne Marion et divorce en 1932.

On a tous un roi ou un pendu dans notre généalogie : Pierre BRUYASOn a tous un roi ou un pendu dans notre généalogie : Pierre BRUYAS

Que s'est-il passé pour que Pierre vire au mauvais garçon ? A ce stade, je ne peux faire que des suppositions ! Les cinq comparses se connaissent et sont déjà condamnés aux travaux forcés à perpétuité pour de lourds méfaits commis quelques temps auparavant en commun. Ils n'ont donc rien à perdre. Ils ont été amené à Annecy pour répondre d'un autre exploit qui de toutes les façons ne changera rien à leur "perpet". Ils pourraient jouer les repentis en attendant tranquillement leur départ pour l’île de Ré, le transport sur la Martinière, et l'arrivée à Saint-Laurent-du-Maroni... Chacun a sa planque, là-bas, ses amis à l’extérieur pour une belle évasion bien combinée. En plus , le bagne a cela de bon pour nos bagnard, il est prometteur de libération anticipée... Sauf que, patatras, les transports sur la Martinière sont arrêtées  et la suppression du bagne n'est plus une vue de l'esprit. C'est un fait en voie de réalisation et les forçats voient leur peine commuée en peine réclusionnaires.

Le bagne , d'accord.... la guillotine, pourquoi pas ? Les mauvais garçons en ont accepté le risque, mais la réclusion à moisir dans une cellule sans voir personne, sans espoir, dans l'isolement le plus complet... Non, c'est impossible.

Alors, Ils préparent leur évasion, sauf qu'il n'avait pas prévu de tuer le gardien. Leur balade sera de courte durée. Certains sont repris l'après-midi même, les autres, deux jours plus tard. Ce sont, ce qu'il convient d'appeler, de dangereux repris de justice. Ils ont pourtant tous un bon métier. Mais l'attrait de l'argent facile est le plus fort. 

En avril 1935, trois d'entre eux ont cambriolé une buraliste de Grenoble et lui volent 11 700 fr. En juin, les trois mêmes attaquent un bureau de tabac à Annecy. En juillet, ils sont quatre à dévaliser une bijouterie de Thonon et la caisse d'un cinéma de Genève. Le cinquième avait déjà volé une maison de fourrure de Lyon, emportant avec lui 200 000 fr. 

Ni les locaux, ni le personnel trop peu nombreux, ne sont aptes à accueillir la bande à Bruyas !

Seules les geôles du type de la prison de Clairvaux  sont capables d' offrir la sécurité nécessaire pour éviter que nos villages deviennent de triste réputation, écrivent les journaux...

Et en effet : À l'initiative du Guyanais Gaston Monnerville, sous-secrétaire aux Colonies, un décret-loi du  signé par le président de la République Albert Lebrun abolit la déportation mais la détention dans un bagne est toujours applicable jusqu'en 1945. Le 1er août 1953, les derniers bagnards et leurs surveillants rentraient en France.

 

On a tous un roi ou un pendu dans notre généalogie : Pierre BRUYAS

Pierre Bruyas est certainement mort, Mais où et quand ? Je n'ai pas réussi à trouver... Si quelqu'un a des idées, je suis ouverte à toutes les propositions.

Sources : https://www.facebook.com/Nicolas.BIHAN2/photos/a.1677623655808488/3260420070862164/?type=3

Journal Le Matin du  29 avril 1937

Police Magasine avril 1936

La parenté est lointaine ...

La parenté est lointaine ...

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M
Avez-vous consulter le registre d'écrou pour savoir où il avait été envoyé. Les travaux forcés étaient jusqu'à mi 1938 souvent exécutés dans un bagne. Ce n'est qu'à partir de juin 1938 qu'ils étaient envoyés dans des maisons de force qui pouvaient être en métropole. Le registre d'écrou a l'avantage d'indiquer où est envoyé le prisonnier à chaque changement de prison.
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C
Non, je n'y ai pas eu accès ! trop récent dans doute .
M
A quoi ont été condamnés les évadés repris ? Ayant tué un gardien, ils risquaient la peine de mort.
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C
Dufournet, Bruyas et Charvon sont condamnés aux travaux forcés à perpétuité… et à un an de prison pour l’évasion. Enguérand et Blanc écopent de cinq ans de prison et 10 ans d’interdiction de séjour.
D
Belle trouvaille, je parie que tu n'en n'avais jamais entendu parler dans la famille du lointain cousin
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